Pardon, Fab, de t'avoir un peu "agressé" lorsque je t'ai parlé hier matin devant ta photo. Je te disais que je ne comprenais pas pourquoi tu ne me faisais plus signe alors que, deux jours avant, je t'avais déjà demandé gentiment de m'en faire un.
Hier midi, Gilbert rentre du travail et on discute dans la cuisine quand mes yeux se portent dans le salon. "C'est toi qui a allumé la lampe touch du salon ?" lui dis-je (c'est une lampe dont il faut toucher le pied pour qu'elle s'allume ; elle est située derrière le canapé d'angle par dessus lequel il faut passer pour aller l'éclairer).
Et bien non, ce n'est pas lui qui l'a allumée.
"Mais il y a deux jours, elle était déjà éclairée, et l'autre nuit, quand je suis descendu pour boire un verre d'eau, aussi ; je l'ai éteinte à chaque fois en pensant que tu avais oublié de le faire", me dit Gilbert.
Et bien non, ce n'était pas moi non plus. Je ne me sers plus de cette lampe touch depuis que j'ai récupéré la tienne.
C'est donc forcément toi, mon fils. Merci de ces petits clins d'oeil qui nous disent "je suis là, près de vous". Si tu savais, mais tu le sais, quel bien-être ça nous procure.
Autant il y en a qui me lisent et qui pensent que je perds la tête. Et bien tant pis pour eux.
Ce soir, Gilbert et moi sommes invités chez Patrick et Irène, neveu et nièce du côté de Gilbert ; mais chut... ils ne savent pas que je sais qu'on fête l'anniversaire de Grégory, le fils d'Irène ; il attrape 24 ans, l'âge que tu avais quand tu as quitté ce monde pour l'autre. Quand je mangerai le morceau de gâteau, je penserai fort à toi qui m'aurais dit avec ton petit sourire coquin : "au revoir le régime".
Et bien, pour la peine, on t'emmène avec nous. Je t'aime, mon trésor.
de gauche à droite :
Grégory
Jordan, son cousin
Marion, sa soeur
Manon, sa cousine
Il est minuit et nous rentrons de chez Irène et Patrick. Le repas en famille a été agréable et était délicieux. Vers 22h30, est arrivée une dizaine de copines et de copains de Greg, dont Axel que tu connaissais. Ils venaient partager le gâteau avec nous.
Je les écoutais parler et rire, tous ces jeunes de ton âge, et il a fallu, involontairement, que mon esprit t'imagine lors de la soirée qu'on avait prévu d'organiser pour tes 25 ans, entouré de la famille et de tes amies et amis du secteur et du jeu World of Warcraft : les larmes me sont montées aux yeux pour couler sur les joues. Beaucoup d'émotions et un gros coup de blues mais bon, ça m'arrivera certainement encore malgré mes efforts pour me contrôler.
Gilbert et moi avons profité du départ des "bouillarguais" pour nous esquiver. J'avais du mal à refouler ce qui sourdait en moi. Je n'ai même pas dit au revoir à Greg, me semble-t-il. Au revoir, Greg.
Tu vois bien, mon fils, que, où que j'aille, tu es avec moi, avec nous.