Me revoici, mon fils. Même pas le temps de venir te parler, tu te rends compte ?
Mardi matin, j'ai travaillé et l'après-midi, je suis allée chez la psy : ça s'est un peu mieux passé que l'autre fois mais il m'a quand même fallu sortir les mouchoirs. Nouveau rendez-vous dans 15 jours puisqu'elle est en congés la semaine prochaine. Je vais me préparer moralement.
Mercredi, ton papa de coeur n'est pas allé travailler pour aider Georges à monter une cloison isolante sous les meubles haut de la cuisine ; ensuite, ils ont commencé à carreler. Regarde donc Georges en pleine action...
Il a terminé vers 16h et nous avons vite pris les sacs pour aller faire quelques courses à Intermarché. Au retour, juste le temps de ranger dans les armoires et le frigo avant de partir pour la clinique vétérinaire.
Et ce matin, pendant que je travaillais de nouveau là-bas, Georges est venu faire les joints des carrelages et peindre en blanc les plaques isolantes qui descendent jusqu'aux plinthes. A mon retour vers 10h, il était déjà parti. J'ai nettoyé les sols, remis les meubles et la cuisinière en place et j'ai profité du fait que les meubles étaient vides pour en nettoyer l'intérieur. Puis, rangement dedans de tout leur contenu que nous avions sorti la veille. Regarde donc le résultat du travail de Georges...
Rien à voir avec avant, non ? C'est comme ma vie maintenant : rien à voir avec avant, avant... quand tu étais encore là.
Hier soir, j'ai eu chaud au coeur quand j'ai remonté mon réveil pour qu'il sonne à 6h et quart ce matin ; la radio s'est déclenchée sur une chanson de Michel Sardou dont le premier couplet est :
Mes chers parents
Je pars
Je vous aime mais je pars
Vous n'aurez plus d'enfant
Ce soir
Je n' m'enfuis pas je vole
Comprenez bien je vole
Sans fumée sans alcool
Je vole je vole
Si, mon fils, j'ai encore mes enfants : ton frère, que j'ai essayé d'appeler mais qui doit dormir après une nuit de travail, et toi qui es et seras toujours mon enfant même si tu es invisible à mes yeux. Je t'aime moi aussi, Fab.
Le film que ton papa de coeur est en train de regarder va se terminer et nous allons partir pour la galerie marchande d'Auchan (le régal de ton papa de coeur : je fais de l'ironie, là, tu le sais !) car il faut remettre des maillons au bracelet que nous avons offert à Marie-Hélène pour son anniversaire.
Ben voilà, le film est fini et ton papa de coeur va s'impatienter si je ne me dépêche pas...