Allez, ma puce, je passe ici avant de me coucher puisque demain, le réveil sonne à 6h20.
Mes jours de repos sont épuisés et je reprends le travail à la clinique vétérinaire et au domicile de mon patron d'arrache-pied ; en plus, ce week-end, nous sommes de garde et il me faudra donc, en plus du samedi habituel, aller travailler dimanche soir.
Je venais te dire que le film 2012 que nous avons vu hier soir était à décoiffer ; très bons effets spéciaux, beaucoup d'action, des touches d'humour malgré le sujet de fin du monde mais le dénouement un peu... beaucoup tiré par les cheveux. A voir quand même pour passer un bon moment.
Nous irons voir les films présentés dans les bandes annonces, à savoir Paranormal activity et Avatars (en 3 D celui-là). Il y a déjà des volontaires pour m'accompagner. Et autant, avant le 17, j'irai voir, avec Marie-Hélène, Saw VI (j'ai 2 tickets pour des places à 5,50 € valables jusqu'à cette date-là).
Le temps est maintenant frisquet et c'est agréable de se réfugier au cinéma. Pas de quoi se plaindre pourtant puisque j'ai reçu un coup de fil de ton frère vers 20h qui me dit qu'il est bien rentré sur Paris et que la température là-bas n'a rien à voir avec celle de chez nous dans le Vaucluse. Il caille, il caille, m'a-t-il dit.
Et à l'heure où je te parle, il est au boulot ; il fait 21h - 9h du matin. Après, il lui faut presque 2h pour rentrer chez lui par les transports.
Le cafard que j'ai ce soir... La maison est bien vide et je crois bien que ton papa de coeur pense la même chose. Tout à l'heure, alors que nous regardions je ne sais plus quoi à la télé (les images défilaient mais mon esprit ne captait ni les images ni les paroles), il s'est levé pour ouvrir le verrou de la porte d'entrée. "Qu'est-ce que tu fais ?" a été ma réaction. "Ben j'ouvre parce que j'ai fermé sans penser que Fred doit être dehors pour fumer sa cigarette, non ?".
Ben, tu vois, Fab, y'a pas que moi qui dérape dans ma tête.
Je réduis chaque semaine la dose de mon anti-dépresseur ; c'est moi qui l'ai voulu parce que, mais ne l'ai-je pas déjà dit ?, je pense que je ne réagis plus normalement. Mon oncle Martial nous a quittés et je n'ai pas versé une larme, Jeannine nous a quittés et je n'ai pas versé une larme, Fred est reparti et je n'ai pas versé une larme contrairement à avant. On dirait que mon coeur est mort. Ne serait-il pas parti avec toi ? C'est quelque chose qui ne m'étonnerait pas.
Mais pourtant, j'ai toujours un instinct de protection vis à vis de ton frère ; je m'inquiète pour lui parce qu'il va commencer à se faire soigner les dents ; il en a à peu près pour un an de soins et je sais que ça va être onéreux pour qu'il retrouve une dentition normale. Et connaissant sa fierté, il va refuser qu'on l'aide.
J'avais les mêmes sentiments envers toi ; autant tu me pensais possessive alors que mon seul souci était ton bien-être et ton bonheur. Je vous aime tant, mes fils. J'ai besoin de vous deux pour vivre.
Bon, j'arrête parce que je vais plonger dans le mélo et je sais que ça ne va pas te plaire.
"Bouge-toi, maman". C'est bon, je t'entends, mon fils.