Ben, mon fils, c'est rare quand on m'entend me plaindre du froid mais là, il gèle. Ce matin encore -5° et un vent glacial qui souffle à 100 kms/h, si ce n'est plus. A 8 heures, je me suis rendue à pied chez le comptable pour y faire le ménage : j'ai été bousculée par les rafales de vent. Heureusement que mon poids me tient bien amarrée au sol.
Hier après-midi, ton papa de coeur et moi sommes allés, en compagnie de ta tatie de coeur et de nos amis Marie-Hélène et Georges, au cinéma. On a vu...
Susie, jeune adolescente dont tous les parents pourraient rêver, est tuée par l’un de ses voisins. L’enquête commence, au rythme de la famille endeuillée, du meurtrier pas le moins du monde préoccupé par l’enquête (M. Harvey) et de la nouvelle vie de Susie qui se retrouve dans le monde de l’entre-deux.
J'ai été déçue parce que je m'attendais à plus de relations entre Susie dans le monde de l'entre-deux et son père. Mais tu as vu comment est représenté l'au-delà ? Est-ce vraiment ainsi ? Si oui, c'est merveilleux. Il faudra que je t'y rejoigne pour le savoir. Bon, on a passé deux heures et quart à l'abri et au chaud.
Sur la route du retour, Gilbert m'a jetée (ça fait rire tout le monde quand je dis ça ; ils doivent imaginer la porte de la voiture ouverte en pleine vitesse et Gilbert qui me pousse de mon siège pour m'éjecter vers l'extérieur) à la clinique vétérinaire.
En rentrant à la maison, le voyant du répondeur clignotait. C'était ta tata Evelyne que ton papa de coeur a rappelée. Tonton Didier est trop fatigué (Gilbert et moi, on se doutait que ce serait ainsi après son anesthésie générale et son opération) pour venir chez nous ce week-end et en plus, participer à la soirée dansante donnée à la salle des fêtes pour la Saint Valentin. Du coup, ton papa de coeur a fait des pieds et des mains pour décommander 9 personnes et se faire rembourser le prix des réservations qu'il avait avancé. Pas très correct à la dernière minute (le traiteur avait déjà prévu) mais bon, ils se sont montrés compréhensifs.
On a donc téléphoné à Jean-Claude (on avait reporté son invitation) pour lui dire qu'on est libres pour le restaurant dimanche midi. C'est fait, on y va avec lui, ma belle-soeur Monique et mon beau-frère Edmond. Pas envie de rester chez moi à ruminer, surtout en ce moment.
Ben oui, mon fils, y'a des passages plus durs que d'autres où le négatif prend le pas sur le positif. Pourquoi là ? Je ne sais pas. Ces derniers mois, j'ai essayé de repousser les moments de douleurs mais peut-être ne sont-ils pas partis mais cachés ? Il faut que je me booste pour remonter la pente. Aide-moi, mon fils.
J'ai eu ton frère au téléphone mercredi après être venue te parler ici ; je n'ai pas pu retenir des larmes et après coup, ça m'a fait souci parce que je l'ai sûrement "angoissé". Je le rappellerai en début de semaine prochaine parce qu'en principe, il passe ce week-end chez votre père.
Et puis, il y a Christophe (Tof) dont je suis le blog que j'ai découvert un peu après ton départ... ça fait 3 ans et demi qu'il se bat contre une leucémie et à l'heure où je te parle, il est en soins palliatifs. Il laisse une femme et deux enfants. Prépare-toi à l'accueillir, Fab.
Je vais allumer la cheminée pour réchauffer un peu plus la maison (dur dur avec ce vent qui pénètre partout) car ton papa de coeur tient un bon rhume depuis 2 ou 3 jours.