Aujourd'hui, il fait toujours soleil et le vent s'est calmé.
Hier, on est donc allés se balader avec ta mamie jusqu'à Aigues Mortes, une petite ville encerclée par des remparts ; il y avait beaucoup de monde dans les rues et à la terrasse des cafés. On a encore et toujours pensé à toi en passant devant un magasin de biscuits et de bonbons ; tu nous avais ramené des gâteries achetées dans un magasin à cette même enseigne aux Baux de Provence.
En fait, tous les jours, nous avons des occasions de dire et nous disons : tiens, Fabien a fait..., Fabien a dit..., Fabien aimait..., Fabien aurait aimé..., si Fabien était là, il dirait... Tu fais constamment partie de nos vies.
Ta mamie et ton papa de coeur qui prennent la pose à Aigues Mortes :
Sur la route, nous avons vu des amandiers en fleurs :
et des cerisiers en fleurs :
ça sentait bon le printemps.
Ce matin, ton papa de coeur a repris le travail et il a eu des nouvelles, par un de ses patrons, du monsieur client de leur magasin dont je t'avais parlé pendant ta maladie pour te booster le moral : il avait eu il y a peu d'années un cancer des os ; après opération et traitements de chimio et de radiothérapie, il avait été déclaré "guéri". A l'heure où je te parle, il est hospitalisé à Marseille : récidive du cancer des os et plus rien à faire ; il est en phase terminale et il souffre énormément. Saleté de maladie !
Toi, tu ne souffres plus, mon fils, et tu es dans ce monde que mes livres disent sans commune mesure avec celui dans lequel je vis (ou plutôt je survis) encore.
Lundi prochain, ton frère sera parmi nous et nous raccompagnerons ta mamie à la gare TGV pour 18 heures ; elle est obligée de rentrer chez elle puisqu'elle a une visite le mardi avec son ophtalmo qui lui prescrira ou non des lunettes ; depuis l'opération de ses deux yeux de la cataracte, elle lit sans aucun problème ni lunettes des livres à petits caractères et pourtant, nous lui fêterons ses 80 ans le jour de l'été (21 juin).
T'ai-je déjà dit que, fin juin, début juillet, je serai grande tata ? Ta cousine Léa attend un heureux évènement : un petit garçon qui se porte à merveille d'après les échographies et qui se prénommera Alex.
Je vais attendre le retour de ton papa de coeur : il est chez son prof de peinture pour son cours hebdomadaire. Dès son arrivée, nous irons faire un tour au cimetière pour voir si le vent n'a pas emporté les marguerites que ta mamie a mises dans le vase. Et après, j'irai mettre propre la clinique vétérinaire.
Bon, j'arrête de bavarder pour aujourd'hui car je sais qu'il faut aussi que tu t'occupes de toi. Je t'aime très fort, mon fils.