S'il n'y avait eu le coup de fil de ton tonton Didier et celui de ton tonton Hervé ce matin, ce vendredi aurait été une journée ordinaire. Travail, courses...
Ton tonton Didier prenait de nos nouvelles et nous donnait des leurs ; je leur ai proposé de venir avant la fin du mois pour qu'on aille faire un tour au festival d'Avignon.
Ton tonton Hervé et sa petite famille partent demain matin pour le Cantal pendant une semaine ; le samedi suivant, ils descendront doucement vers le Vaucluse et passeront quelques jours avec nous. Nous les ménerons un soir au festival puisqu'ils n'y sont jamais allés.
A part ça, mon fils, il a plu un peu aujourd'hui et de ce fait, la température a dégringolé d'une bonne quinzaine de degrés ; ouf, il était temps... on respire mieux et on dormira certainement mieux aussi. Ces derniers jours, le thermomètre était quand même monté à 44°.
Les gens qui habitent ta maison maintenant sont rentrés de vacances ou d'on ne sait où ; les volets sont de nouveau ouverts et en ce moment, je crains tout ce qui me fait réaliser fort ton absence physique. Alors, je vadrouille sur internet et je lis des textes comme celui qui suit parce qu'il me faut croire très fort que tu m'attends quelque part pour ne pas devenir folle.
Pour vivre, la vie a besoin de la mort !
Avec toujours cette peur qui nous tire le ventre, nous tentons d'éloigner la mort,
en la rejetant le plus loin possible à la fin de la vie…
Comme si la mort n'existait que le jour de notre enterrement !
La vraie question est là : la mort nous fait peur, et ceux qui sont les plus fiers devant la mort sont sans doute ceux qui ont le plus peur …
A force de jouer à cache-cache avec la mort, on se joue la comédie.
A force de tricher avec la mort, on triche avec sa mort.
On croit se battre contre le temps en jouant les prolongations…
Mais, on n'éloigne pas la mort ; elle nous précède.
Tout ce qui dure ne se maintient que parce qu'il n'est pas vivant.
Les cailloux ne meurent pas, faute de vivre.
Il n'y a pas de vie sans la mort.
Pour vivre, la vie a besoin de la mort !
La vie est mouvement, elle devient, elle change, elle se transforme.
La vie naît et meurt.
Nous avons fait de la vie la salle d'attente de la mort…
Et si c'était la mort qui soit la salle d'accouchement de la vie ?