Quelle colère j'avais contre le réveil ce matin, mon fils ! J'étais en train de rêver, ou plutôt j'étais partie te rejoindre et on faisait un bout de chemin ensemble. J'étais trop bien... C'est la première fois que c'était si réaliste... Ton papa de coeur a mis un certain temps avant de me convaincre de me lever pour aller bosser.
Hier soir, j'ai eu ton frère en ligne ; on a parlé de tout et de rien et c'est surtout moi qui ai parlé parce qu'il n'avait pas grand chose de neuf à me raconter. Il a prévu de prendre deux semaines de congés en avril qu'il viendra passer chez nous (dont une que nous irons tous ensemble passer du côté de Carcassonne).
Là, ça va un peu mieux, mon fils, mais j'ai passé quelques jours où je me sentais partir dans la déprime ; j'ai arrêté de fréquenter un site tenu par les parents d'une jeune femme décédée le 1er février dernier d'une leucémie. L'ambiance avait réussi à me donner un cafard à couper au couteau et à me remettre en pleine tête les dernières semaines que j'ai vécues à tes côtés ; or, leur souvenir n'est pas du tout ma priorité parce que je crois que, si je veux avancer (avec un but : te retrouver un jour), il ne faut pas que je me remémore les aspects négatifs engendrés par la maladie dans ta vie. Bref, à chacun sa façon de réagir, je ne juge pas..., mais si l'on veut, il y a toujours des dates : l'anniversaire de naissance, la découverte de la maladie, la pose du cath, la première chimio, la deuxième chimio..., l'opération, etc, etc..., l'annonce de la fin des traitements, l'anniversaire du départ pour l'autre monde... Bref... je dis stop.
Je continuerai à converser avec mes cops que j'espère rencontrer sur Paris aux beaux jours par l'intermédiaire de Facebook ; et puis, elles laissent régulièrement un petit commentaire ici.
Cet après-midi, nous avons rendez-vous avec notre banquier et, par la même occasion, nous déposerons ta mamie juste à côté, chez la pédicure. Après ça, nous irons tous ensemble au cimetière pour voir la tête des cyclamens et du petit rosier qu'on a déposés samedi sur ton monument parce que, ce matin, il faisait -2° quand je suis partie travailler à 7h. Les voitures étaient recouvertes d'un voile blanc de givre.
Et il faut que nous fassions quelques courses : vendredi soir, nous avons les amis à la maison pour un petit repas et pour manger ensemble la galette des rois ; j'achèterai celle aux fruits confits et ton papa de coeur en fera une maison. Non, non, pas à la frangipane ! Une recette à lui et je te dirai si c'était bon. Là, je souris parce que ta tatie de coeur m'a téléphoné il y a une petite heure pour me dire qu'elle apporterait les crêpes : après réflexion, les crêpes, on les remet à la semaine suivante.
A ton avis, quelle va être la grimace de notre diététicien quand elle et moi allons monter, chacune notre tour bien sûr, sur la balance le dernier vendredi de ce mois ?
Bon, mon fils, je vais préparer la cheminée et ton papa de coeur, plus doué que moi, l'allumera dès qu'il rentre de son travail.
Demain, c'est la Saint Fabien. Pour le cas où je n'aurais pas le loisir de venir te parler ici, je te dis d'ores et déjà, BONNE FETE, MON ANGE !