Oui, mon fils, c'est reparti pour une semaine de boulot ; encore celle-là et la prochaine à travailler, puis ce sera celle de congés pendant laquelle nous partirons en voyage organisé à Venise.
Je sais que j'ai arrêté les médicaments parce que, de nouveau, je ne suis pas bien dans ma peau devant ton absence ; j'ai passé la nuit les yeux grands ouverts avec la sensation qu'on était en plein jour ; je me suis levée vers 3h de peur de déranger, à force de remuer, ton papa de coeur qui dormait. Je me suis recouchée vers 6 h et n'ai trouvé le sommeil que vers 7 h ; je me suis relevée vers 10 h. Un peu courte la nuit.
Je compte beaucoup sur mon rendez vous de demain soir avec un hypnotiseur chez qui le généraliste m'envoie pour mon problème d'angoisses. Je me bats, je me bats et tu m'y aides avec tes petits signes, mon coeur. Il y a 2 ou 3 jours, j'avais un cafard à couper au couteau ; quand j'ai mis en route mon lave-vaisselle qui avait recommencé à clignoter sur 00:29 depuis un certain temps, c'est 00:33 qui s'est affiché. Merci, mon ange.
Heureusement que le week-end, il y a des moments en famille ou entre amis qui arrivent à me changer les idées. Hier midi, nous étions chez Bernadette et Elie pour manger le civet de lièvre. Un délice ! Et le dessert était fait maison. Je ne te dis que ça : un régal !
Je profite parce que le 13, j'ai rendez-vous chez la diététicienne qui va me cadrer dans un régime pour diabétiques. Bououououh...
D'ailleurs, le week-end prochain, ta tata Evelyne, ton tonton Didier, ton cousin Olivier et sa "fiancée" Elodie viennent avec nous manger l'agneau dans notre ferme auberge préférée. Dommage que ta tata Isabelle et ton tonton Hervé ne puissent pas se joindre à nous pour cause boulot. Mais bon, on aura d'autres occasions de sortie avec eux et, un jour ou l'autre, celle de leur faire connaître cette ferme auberge.
Je continue à suivre le combat du petit Lucas et j'ai été très heureuse de lire qu'il a enfin pu sortir de sa chambre stérile après son auto greffe de moëlle osseuse ; je suis sure que, comme toi, il va maintenant très vite reprendre le dessus et retrouver sa vie de petit garçon. Mais qu'est-ce que je voudrais pouvoir remonter le temps et revenir à cette période-là en sachant ce que je sais aujourd'hui. Je ne ferais pas les mêmes erreurs et je profiterais à fond de toi et de ton frère au lieu de bosser 6 jours sur 7 à raison de plus de 10 heures par jour et sans congés annuels, tout ça pour vous apporter un confort matériel auquel vous auriez préféré des activités en famille.
Malheureusement, on ne peut pas revenir en arrière et c'est pour cela que je conseille à la maman de Lucas et à ceux et celles qui me lisent de profiter à fond de chaque moment qui passe et d'apprécier chaque moment de bonheur. C'est certain que tout le monde se heurte à des problèmes mais si on arrive à les relativiser (pour cela, il suffit d'aller faire un petit stage dans un service oncologie), on se rend compte que la vie est belle si on n'a pas de maladie mortelle.
Ton papa de coeur a une nouvelle passion : le voisin qui n'habite toujours pas sa maison lui prête le petit bout de jardin ; vont donc pousser des tomates, des radis, des haricots verts et blancs, des petits pois, de l'aïl, des salades... Il va récolter tout ça cet été et on va se régaler en les mangeant. Je suis sure que tu aurais souri de cette nouvelle passion ; et ça me fait du bien de penser ça parce que, quand je le pense, je le revois dans ma tête, ton sourire.
Si tu savais, mais bien sûr tu le sais, ce qu'il me manque, ce sourire, comme tu me manques, comme tu nous manques...