Quand je suis partie pour mon travail ce matin à 7 heures, j'ai été éblouie par le soleil qui montait dans le ciel ; il était encore très bas, face à moi et j'en ai pris plein les yeux ; c'était superbe, ces couleurs jaune/orange.
Hier soir, j'ai regardé Docteur House (tu sais, on le regardait ensemble à La Timone) ; trois épisodes étaient programmés et le dernier finissait assez tard ; j'ai hésité "vais-je au bout ou non car le réveil sonne à 6 heures demain matin ?". Qu'est-ce qui m'a décidée à rester ? Je ne dirai pas ce que j'en pense mais toujours est-il que ce dernier épisode a traité du cas d'un homme plus qu'obèse tombé dans le coma ; il en est revenu et après maintes analyses périlleuses, le docteur House a fini par trouver son problème : un cancer des poumons non guérissable (tu vois, le docteur House non plus ne peut pas sauver tout le monde). Ce qui m'a marquée, c'est que, quand la docteresse lui a annoncé sa maladie et le fait qu'on ne pouvait que lui faire de la chimio pour le prolonger, l'homme a répondu "c'est la vie" ; ça a été comme si tu étais là, Fab.
Et puis, quand je suis montée pour aller éteindre l'ordi et me coucher, j'ai trouvé sur ma messagerie un petit mail de ton amie Coralie qui s'inquiétait de ma forme morale (elle avait lu le blog et avait compris que j'avais été très mal ces derniers temps) et qui me disait qu'elle pensait fort à moi. Elle est adorable, tu sais, et je ne dis pas ça parce qu'elle lit le blog ; c'est vrai que ça me touche beaucoup parce qu'elle est jeune, qu'elle a sa vie et qu'elle prend quand même du temps pour m'envoyer des petits mails ou sms de réconfort.
C'est la seule à faire ça maintenant ; je n'ai plus aucune nouvelle de tes autres ami(e)s pourtant très présent(e)s par écrit ou par téléphone lors de ton départ. J'en suis un peu chagrinée (j'aurais pu, en les rencontrant, les entendre me parler de moments de ta vie partagés avec eux) mais ton papa de coeur me dit de laisser faire, que c'est souvent comme ça, que la vie va trop vite et que chacun a ses occupations ; ta tata Evelyne me disait aussi qu'elle n'avait plus aucune nouvelle des amies de ta cousine Annie qui lui avait pourtant dit "on ne vous laissera jamais tomber". Bah, comme tu dis "c'est la vie".
Ta tatie de coeur vient de m'appeler : ça fait un moment qu'on ne s'est pas vues. Elle passe énormément de temps à préparer des masques pour un mariage qui aura lieu en juin sur le thème de Venise. Elle a encore à terminer un coussin pour les alliances sur lequel elle brode les prénoms des futurs mariés. Elle a un don pour ça et une patience à toute épreuve. Si tout va bien, elle viendra un après-midi de la semaine prochaine et il le lui faudra bien pour rattraper tout le retard qu'elle a pris dans la lecture de ce blog.
Cet après-midi, on ira au cimetière voir si tout est en ordre parce qu'il s'est levé un vent terrible que tu connais bien, hein, Fab ? Bon, je vais arrêter de te "saouler" pour aujourd'hui et te laisser vaquer à tes occupations. Ne t'envole pas trop loin, dis, mon ange, j'ai besoin de toi.