Je m'oblige, mon fils, à venir te parler ici ; je suis fatiguée, usée, vidée, envie de rien et marre de tout, de la routine qui me mène sans arrêt au ménage, que ce soit chez moi ou chez les autres...
A chaque fois que je pense à toi, et c'est souvent, j'ai les tripes qui se nouent et une sensation de malaise dans la poitrine. J'ai envie de hurler... Tu vois, plus de 18 mois après ton départ, ça ne s'arrange pas, au contraire. Le vide que tu as laissé dans ma vie s'intensifie.
En plus, ton frère n'est pas très bien non plus : fatigué, pas le moral... Et moi, impuissante devant ça à part vouloir lui dire qu'on l'attend dans le sud.
Dimanche matin, nous sommes allés aux Jardins de Provence et nous avons acheté des fleurs de printemps pour ton monument ; dans la foulée, nous sommes allés au cimetière. Je n'arrive toujours pas à accepter que ce monument, c'est pour TOI que nous l'avons fait faire, parce que tu es parti de ce monde des visibles et que jamais plus...
Lundi, ton papa de coeur et Georges ont peint le salon, toujours dans les tons chocolat/blanc cassé. Et la montée des escaliers, elle attendra parce que, pour l'instant, y'en a marre des pinceaux et des chantiers.
Ton tableau a retrouvé sa place, Fab.
Le soir, malgré mon ras le bolisme, je suis allée faire le ménage à la clinique vétérinaire jusqu'à presque 20h45.
Et ce matin, debout à 6h et quart pour aller y faire 3 heures de ménage à fond dans les pharmacies, les tiroirs, etc...
Tout à l'heure, j'ai rendez-vous chez la psy ; je vais lui parler de mon état d'être actuel malgré les cachets qu'elle me donne à prendre chaque soir.
Une chanson pour TOI, mon fils...
sauf que moi, j'étais là pour ton dernier combat et que je n'en ai oublié aucun de ses moments, aucune de tes souffrances.