Je passe juste, mon fils, pour te dire merci, merci du mal que tu te donnes pour me remonter le moral et me pousser à continuer cette vie terrestre du mieux possible. Je sais qu'il te faut fournir des efforts pour me faire des petits signes ; mes livres le disent.
Hier matin, alors que mes yeux s'embuaient à la lecture du blog de Mamie Titine (cliquez sur son nom pour aller sur son blog) qui a perdu son fils Johann, l'écran de l'ordi s'est éteint puis rallumé deux fois de suite ; le soir, alors que je lisais le blog d'une autre maman qui a perdu son enfant, l'écran de l'ordi a refait la même chose.
Tu sais que la pilule de la date qui approche et les souvenirs d'il y a deux ans sont durs à avaler alors tu cherches à me dire : mais pourquoi tu te mets dans des états pareils, maman, puisque je suis là.
OK Fab, tu es là mais y'a tellement de choses que nous ne pouvons plus faire ensemble ou que je ne peux plus faire pour toi,
comme manger un gâteau le 11 septembre pour fêter les 27 ans que tu aurais eus cette année,
comme te voir monter dans la voiture pour nous accompagner lors d'un week-end chez tes tontons,
comme te voir hocher la tête, sourire et dire "t'es pas finie" quand j'entrais dans un délire,
comme t'entendre te moquer gentiment de nos fleurs dans la cour, fleurs que tu appelais salades (en passant, tu sais que ton cousin Olivier et son amie Elodie sont allés au cimetière samedi dernier ; ton cousin a dit en voyant le monument : quand je pense que Fabien n'aimait pas les salades... ; pour sûr qu'on ne voit plus la dalle sous elles.)
comme monter dans ta voiture pour aller chercher un cadeau pour ton papa de coeur à une occasion spéciale,
comme te voir arriver à la maison pour te réchauffer devant notre cheminée l'hiver ou regarder les matchs de rugby avec nous,
comme te voir venir chercher ton repas préparé par ton papa de coeur,
comme te voir arriver avec un bouquet de fleurs pour mon anniversaire ou la fête des mères ou même pour Noël..........
y'en a tant à dire.
Hier soir, j'ai regardé la série "Esprits criminels". Le troisième épisode parlait de l'enlèvement d'un enfant retrouvé mort par la suite. La citation de début d'épisode était
Perdre un enfant, c'est perdre un morceau de soi-même.
Cette citation a été dite par un docteur dont je n'ai pas retenu le nom mais je pense qu'il a dû vivre cette atrocité pour savoir cela.
Il faut quand même que je te dise que, par un étrange concours de circonstances, ma cop Patricia a pu avoir un contact, via un médium, avec sa maman partie te rejoindre courant juin. Je suis heureuse pour elle car elle sait maintenant que sa maman est toujours près d'elle, comme toi tu es près de moi, de nous car ton papa de coeur a eu lui aussi un signe hier : la chanson Angels alors qu'il allumait son autoradio. Il m'a dit ce qu'il t'a demandé ; vas-tu le faire ?
Toi, un coup oui, un coup non comme le fait l'écran de mon ordi quand tu me fais signe, sauf que je n'ai pas besoin d'appuyer sur un bouton...
Je t'aime, mon fils.