Une halte, mon coeur, pour venir te parler un peu ici.
Saint Michel aujourd'hui, c'est la fête de mon papa... ton papi que tu as peut-être retrouvé là-bas. Si c'est le cas, dis-lui pour moi que je pense toujours à lui.
Nous avons passé, le week-end dernier, de bons moments avec Claudine et Willy. Ils ont apprécié le repas dans notre ferme auberge préférée : en plat du jour, l'oie. Un régal comme tout le reste du repas.
Et puis, nous les avons emmenés se promener à l'Isle sur la Sorgue pour une marche digestive.
Le lendemain, il a plu mais le ciel s'est dégagé pour qu'on aille faire un tour à Fontaine de Vaucluse. Nous sommes montés jusqu'au "trou" toujours vide d'eau.
Claudine et Willy ont promis de revenir nous voir l'année prochaine et la suivante, quand nous serons à la retraite, c'est nous qui irons les voir.
En attendant, nous continuons de nous préparer pour le mariage de samedi. Au programme cette semaine : pédicure, esthéticienne et coiffeuse. Que ne faut-il faire pour arranger les dégâts du temps ? Je rigole en pensant que tu m'aurais dit ne pas être tout à fait finie de parler comme ça et moi, j'aurais adoré voir ta tête à ce moment-là.
Tu me manques, mon trésor, tu me manques à la folie. J'ai souvent l'impression de vivre "à côté de mes godasses", que ce cauchemar n'a jamais existé, que tu es là près de chez nous et que tu vas venir nous voir. Et puis, je secoue mes pensées et mes tripes font des noeuds quand je réalise que non, tu ne viendras plus nous voir, du moins pas comme je l'aimerais.
Je viens de laisser un message pour la troisième fois depuis notre retour sur le répondeur de ton frère ; je sais qu'il a des horaires de travail complètement en décalage pour mener une vie normale et qu'il est hyper fatigué mais il me manque ; j'ai été tellement heureuse de partager quelques moments avec lui en début de mois.
Début de mois, fin de mois et surtout fin de mois de septembre qui comporte deux dates d'horreur pour une de bonheur. Le bonheur, le 11, ta naissance. L'horreur, les 3 et 8, ton départ et ton enterrement.
Je lis le blog de beaucoup de mamans ayant perdu un enfant et je me pose souvent la même question qu'elles : mais comment fait-on pour continuer à vivre sans vous ? Leur conclusion à toutes : on ne vit plus, on survit puisque notre joie de vivre et notre bonheur sont partis avec vous. On fait bonne figure pour pouvoir continuer notre route avec les autres.
Tu vois, mon ange, je ne suis pas rigolote aujourd'hui mais ça doit être la saison et le temps qui veulent ça : l'automne qui amène la nuit plus tôt et la pluie qui tombe drue depuis ce matin. Tu n'aurais pas aimé ça.