Sais-tu, mon fils, que je n'arrive pas à revenir sur terre après cette échappée de deux semaines ? C'est la première fois que ça me fait ça à ce point. Mes pieds et mes bras sont là parce qu'il faut bien bosser mais ma tête n'est pas là du tout.
Je vis comme hors du temps.
Moi qui trainais jusqu'à point d'heure le soir, me voilà partie me coucher à 22 heures... 23 au plus tard. Et puis, moi qui n'avais jamais froid, j'ai rajouté une couverture sur le lit et j'ai souvent froid ; j'allume même le chauffage dans la salle de bain avant de prendre la douche. Bouh... mais qu'est-ce qu'il m'arrive ?
On est le 3 aujourd'hui : 2 ans et 5 mois que je ne te vois plus et là, tout de suite, j'ai envie de hurler... hurler jusqu'à plus de voix. Mais comment vais-je faire pour vivre encore toutes ces années qu'il me reste à faire sur cette terre sans toi ?
J'ai beaucoup aimé la croisière mais elle aurait eu une autre saveur si j'avais pu partager tout ça avec toi à notre retour.
Hier, c'était l'anniversaire de ma cop Kikie et, pour le fêter, elle est partie avec son petit mari faire le tour des casinos du côté de Deauville. Sur le bateau, on est allés au casino mais on n'a pas joué ; on a regardé les autres jouer.
Un de ces soirs, je vais tenter d'appeler ton frère. Mes patrons à la clinique vétérinaire ne nous ont pas donné de prime de fin d'année mais nous ont offert une sixième semaine de congés payés. Elle tombe à pic puisque je voulais en prendre une début avril pour aller voir ta mamie dans l'Yonne et pousser jusqu'à Paris pour voir mes cops et, s'il accepte, ton frère. Qui vivra verra...