Ce matin, je suis allée au boulot une heure plus tôt pour en sortir une heure plus tôt ; j'avais rendez-vous chez l'ophtalmologiste pour un contrôle de mon glaucome que l'on surveille puisqu'une de mes grands-mères est devenue aveugle à la suite de cette maladie. Pas d'évolution dans le négatif ; en fait, ma tension des yeux est exactement la même qu'il y a deux ans.
Et sur le chemin du retour, mes pensées ont dévié vers toi, vers un problème que tu as eu avec tes yeux. Tu avais alors ton scooter et tu étais parti avec tes copains pour une journée au bord de la mer. Sur la route pour y aller, alors que tu roulais, un intrus est entré dans un oeil. Tu as passé toute la journée avec ça et tu as fait la route du retour bien gêné par ce problème. Ton oeil était rouge, rouge tant tu l'avais "trifouillé" pour en extraire l'intrus. Ni une ni deux, ton papa de coeur et moi t'avons fait monter dans la voiture et nous voilà partis pour les urgences de l'hôpital (ben oui, c'était un dimanche soir). On a bien patienté puis l'interne t'a fait entrer en consultation. Tu avais tellement frotté ton oeil que l'intrus s'était planté dans la cornée et qu'on n'aurait jamais pu l'enlever nous-mêmes. On t'a mis des gouttes dans l'oeil pendant plusieurs jours et puis, tout est rentré dans l'ordre.
Ce souvenir m'amène à un autre souvenir. Encore une sortie avec tes copains alors que ton papa de coeur et moi étions allés nous promener dans les paysages de provence et toujours un dimanche. A notre retour de balade, nous t'avons trouvé allongé sur le canapé, ton frère inquiet à tes côtés. Quand on te posait des questions, tu répondais complétement "à côté de la plaque". J'ai su après que tu avais fait une chute et que ta tête avait claqué par terre. Montée dans la voiture et direction urgences de l'hôpital où l'interne t'a gardé une nuit en surveillance pour commotion cérébrale. C'est après ça que j'ai investi dans un téléphone portable afin d'être joignable à tout moment.
Avec toi, on les a connus et parcourus, les hôpitaux. Mais ça n'a malheureusement pas toujours été pour des broutilles. Et c'est d'ailleurs dans un de ces hôpitaux que tu nous as quittés, toi qui aurais préféré le faire chez toi. Ton état physique et de douleur ne l'a pas permis.
Vois-tu, mon fils, à quoi j'en arrive à penser rien que pour une visite chez l'ophtalmo ? Et c'est toujours comme ça. Il suffit d'une chose qui me rappelle que... et me voilà partie.
La semaine est bien entamée. Ce dimanche matin, ton papa de coeur travaille. Lundi, nous ferons un aller retour Lyon pour porter le vélo d'appartement à ton tonton Didier. Il a vu l'oncologue hier pour un contrôle de sa gorge : RAS. Par contre, son dentiste n'a pas voulu prendre de risques pour ses dents ; il l'envoie consulter au centre Léon Bérard à Lyon : pas de rendez-vous avant le 15 juin ; jusque là, il faudra donc mouliner tous ses aliments. Pfff... c'est de plus en plus dur de se faire soigner maintenant.
Je vais maintenant m'occuper d'installer le nouveau téléphone avec répondeur puisque l'ancien ne tient plus la charge et qu'il arrive régulièrement que nos conversations avec nos correspondants soient coupées. Si tu avais été là, tu aurais fait ce qu'il fallait en deux minutes ; moi, je vais sûrement galérer...