La première semaine de septembre, nous serons en congés mais nous ne partirons pas comme prévu dans le Nord. Ta mamie doit être opérée de la hanche et se faire poser une prothèse : elle a rendez-vous avec le chirurgien le 2 septembre et il lui fixera une date pour l'intervention. En attendant, elle souffre le martyr.
La soeur de ton papa de coeur, Jeannine, a rencontré ce matin à Montpellier le professeur qui la suit pour son cancer de la plèvre. Il faut lui refaire plus tôt que prévu une cure de chimio qui sera un produit qu'elle n'a pas encore eu : ça sera vendredi. En attendant, elle prend de la morphine pour calmer les douleurs provoquées par les "boules" qui sortent dans son dos. Après cette cure, une autre dans trois semaines puis un scanner pour voir si le mal a régressé.
Cet après-midi, j'ai eu la visite de l'autre soeur de ton papa de coeur, Monique, et de son mari ; ils m'ont apporté des fleurs pour le cimetière, dont une de la part de leur fille Nathalie. Nous ferons les plantations demain et irons les déposer sur le monument.
Aujourd'hui, nous n'avons pas pu y aller puisque ton papa de coeur a travaillé toute la journée pour cause d'un employé en congé.
Au fait, il m'a dit de te dire que la 125 cm3 est toujours en vente au bord de la route mais que lui ne l'achètera pas puisque l'automne et l'hiver approchent. Mais bon, il pense à toi à chaque fois qu'il la voit, à toi qui lui disait : "en sortant de l'hôpital, je vendrai ma voiture et j'achèterai une petite moto ou un scooter ; même s'ils m'amputent, j'arriverai bien à tenir dessus ; et après avoir fait des économies, je prendrai une voiture adaptée à mon état". Et Gilbert te disait : "mais ne t'inquiète donc pas de ça, je te l'achèterai ta voiture". Tu sais qu'il l'aurait fait, hein, mon fils ?
Enervée ce soir devant mon impuissance à soulager les personnes qui souffrent autour de moi, impuissance qui me rappelle celle que j'ai ressentie à ton chevet. Je n'en dirai pas plus...
Ecrire,
c'est hurler en silence...
Je t'aime, mon fils.