Je viens te parler avant le retour du travail de ton papa de coeur ; ce matin, j'ai fait un petit mot à mes amies de la liste Cancer deuil soutien que j'ai un peu délaissées bien qu'elles aient été très présentes juste après ton départ. Je me disperse un peu et n'ai plus le temps de tout faire ; et ce sera encore pire en septembre puisque je prends deux matinées de ménage au domicile de mon patron vétérinaire.
Et oui, en ce moment, je suis le parcours de Sébastien, un peu plus de trente ans, pour qui il n'y a plus aucun traitement suite à la récidive de la leucémie et qui a choisi de rester près des siens jusqu'au bout. Et puis, je suis celui de Dimitri, treize ans, qui se bat contre un médulloblastome depuis mars 2004 et pour qui les médecins parlent maintenant à sa maman de soins palliatifs ; elle s'acharne à trouver une autre solution pour guérir son fils (je la comprends) et moi, je lui conseille de garder beaucoup de temps pour lui et de vivre avec lui des moments inoubliables. Et puis, je suis celui d'Aymeric, dix sept ans, qui reçoit une allogreffe dans trois jours, l'autogreffe ayant échoué dans le traitement de sa leucémie. Et puis, j'en suis tant d'autres... Dur, dur quand la réalité nous rattrape...
Hier dans la soirée, nous sommes allés porter les nouvelles fleurs au cimetière ; impossible de sortir l'après-midi car il y avait encore 44° sous la tonnelle ; ça en devient pénible, cette grosse chaleur qui ne nous lâche pas.
Notre amie Marie-Hélène vient de m'appeler ; elle a gagné deux places pour un repas médiéval au Barroux demain midi et elle voulait nous les offrir à ton papa de coeur et à moi : dommage mais ton papa de coeur travaille toute la journée normalement, en tout cas jusqu'à 13 heures au minimum ; les jours fériés, il ne connait pas. Merci à vous, Marie-Hélène et Georges, d'avoir pensé à nous.
T'ai-je dit, mon fils, que ton papa de coeur reprend la chasse avec son ami Georges en septembre ? J'ai fait les démarches nécessaires et il a reçu un renouvellement de son permis ; il lui reste à aller prendre une assurance. Hier encore, il me disait "je suis sûr qu'en parlant avec Fabien, il aurait fini par y venir avec moi ; il y a tant de choses que j'aurais aimé faire avec lui ; et je les ferais aussi avec Fred s'il n'était pas si loin".
Et t'ai-je dit que, depuis leur retour chez eux, on n'a plus de nouvelles des villeurbannais ? Autant tu leur as fait peur avec tes petits signes quand ils étaient chez nous. Je rigole... Ils ont surtout dû replonger d'un coup dans le boulot qui a dû s'accumuler pendant leurs congés, surtout pour ton tonton Hervé qui est seul dans sa spécialité dans l'entreprise où il travaille. Bref, tout ça pour leur dire, s'ils me lisent ce soir, que j'ai prévu de les appeler demain matin, pas trop tôt pour leur laisser faire une grasse matinée en ce jour férié.
Et puis plus qu'une semaine avant le mariage auquel nous sommes invités. Je ne sais toujours pas comment je vais m'habiller : il faudrait que je me bouge à ce niveau-là, non ?
J'entends ton papa de coeur qui rentre ; je vais le rejoindre parce que, cet après-midi, il retourne travailler et on va manger un morceau.