Voilà, mon fils, ton papa de coeur vient de me téléphoner pour la troisième fois cet après-midi ; il me dit ce que toi tu sais déjà : leur équipe de rugby a perdu. Mais bon, il était content quand même d'être allé la voir car ça a été un beau match. Ca se jouait à Pezenas, près de Béziers.
Ils prennent maintenant la route du retour mais par les petites routes parce qu'il y a eu un accident sur l'autoroute et que c'est bouché ; il n'est pas encore là... Allez, je vais attendre pour manger un morceau avec lui.
Aujourd'hui, il a encore fait très chaud et je suis restée calfeutrée dans la maison sous le ventilateur ; je me suis occupée en faisant le repassage, la lessive, un peu de ménage et des travaux manuels pour l'anniversaire de ta mamie.
J'attends l'appel de ton frère qui doit me donner son heure d'arrivée à la gare demain.
Ca a cogité dur dans ma tête aujourd'hui : tu me manques, mon fils, et plus le temps passe, plus ton absence physique est à hurler. Plus le temps passe et plus je m'en veux de ne pas avoir profité de toi et de ton frère autrement, de n'être pas partie en vacances avec vous, mes enfants (c'était le boulot, le boulot 6 jours sur 7 et 12 mois sur 12 mois). Je me suis laissée prendre dans la spirale infernale qu'est la vie et je n'ai pas compris mes priorités qui auraient dû être vous, mes fils, et non pas de ramasser de l'argent pour vous donner un confort matériel. Me laisseras-tu une chance de te dire mes regrets quand je te rejoindrai ? J'aurais pu... j'aurais dû...
Tu m'entends, mon fils ? Ecoute-moi...