Il y a déjà plus d'une heure que je vadrouille d'un site à l'autre et que je me dis qu'il faut que je vienne te parler mais bon... le temps est tristounet ce matin et mon coeur aussi. Il faut pourtant que je me pousse pour repartir dans le positif.
On a passé un bon après-midi et une bonne soirée hier chez nos nièce Hélène et neveu Christian. On a fait une sortie dans un magasin de destock meubles et Gilbert a sursauté quand il a vu le prix des lits superposés identiques aux nôtres. On a demandé à Hélène de surveiller l'arrivage de canapés convertibles puisqu'on veut changer notre canapé d'angle cuir du salon afin d'avoir deux places de couchage en plus quand la famille vient nous rendre visite. Et oui, Fab, déjà 7 mois et demi que tu as dû laisser ton appartement où nous t'envoyions parfois du monde pour dormir quand notre maison devenait trop petite.
Dans la soirée, nous allons à Chateaurenard, chez un collègue boucher à ton papa de coeur ; nous sommes encore invités à manger ce soir là-bas. Ouf, mes pantalons serrent de plus en plus mais suis-je bien raisonnable ? Non, non, et quand je fais une bêtise alimentaire style chocolats ou boules de glaces (en ce moment, je fais une crise de magnum aux amandes que tu aimais tant), je pense à toi et j'imagine ton petit sourire moqueur. "Et alors, t'as raison, fais-toi plaisir" m'aurais-tu dit car tu ne comprenais pas que je m'inquiète de mes kilos en trop. "C'est pas important ça", me disais-tu.
C'est vrai que tu relativisais beaucoup de choses et je crois que tu m'as donné le virus ; de moins en moins de gens se plaignent auprès de moi de leurs bobos, de leurs rhumes ou de leurs petits ennuis puisqu'à chaque fois, je leur dis "Et alors, c'est mortel ?". Pas très gentil mais bon quand j'ai vu toute la souffrance que tu as endurée.....
Il est onze heures ; je vais vite prendre une douche, me préparer et puis, Gilbert et moi nous irons au cimetière après être allés chercher un bouquet de fleurs pour notre hôtesse de ce soir et un autre pour remplacer les fleurs fanées dans le vase sur le monument.
Tu me manques, mon fils. Je te parle, je te parle et le soleil fait une apparition. Je pense que c'est toi qui veut réchauffer mon coeur pour cette nouvelle journée sans ta présence physique. Je t'aime fort.