3 ans et 2 mois aujourd'hui que ta cousine Annie est partie pour sa nouvelle vie dans l'autre monde ; je suis sure que vous vous êtes retrouvés tous les deux.
Dimanche, nous sommes allés au cinéma voir le film L'apprenti sorcier ; deux heures de détente pour la tête, dira-t-on, quoiqu'elle n'était pas libre de toutes pensées autres. J'ai passé ces deux heures à me tortiller sur mon fauteuil avec des "impatiences" dans les jambes : une vraie pile électrique. Mais bon, j'ai quand même réussi à suivre le fil de ce film tout public qui mêle action, fantastique, sentiments et humour.
Et puis, lundi, reprise d'une nouvelle semaine de travail pour moi mais écourtée pour ton papa de coeur ; depuis hier soir, il est en congés pour le reste de la semaine.
Du coup, ce matin, nous sommes allés faire un grand nettoyage du monument au cimetière parce que, vu les chaleurs de cet été, il y avait un grand moment que ça n'avait pas été fait.
En cette période de septembre et vu certaines dates qui approchent, je vais mettre (ou peut-être remettre... je ne sais plus), tirés de la lettre des Amis Compatissants du Canada, quelques uns des souhaits de parents endeuillés :
- J'aimerais que vous n'ayez pas de réserve à prononcer le nom de notre enfant mort, à nous parler de lui. Il a vécu, il est important pour nous, nous avons besoin d'entendre son nom et de parler de lui.
- Si nous sommes émus, que des larmes nous inondent le visage quand vous évoquez son souvenir, soyez sûr que ce n'est pas parce que vous nous avez blessés. C'est sa mort qui nous fait pleurer, il nous manque.
- N'essayez pas d'oublier notre enfant, d'en effacer le souvenir chez vous. Pour nous, ce serait le faire mourir une deuxième fois.
- Etre un parent en deuil n'est pas contagieux, ne vous éloignez pas de nous.
- Nous aimerions que vous sachiez que la perte d'un enfant est différente de toutes les autres pertes, c'est la pire des tragédies. Ne la comparez pas à la perte d'un parent, d'un conjoint ou d'un animal.
- Ne comptez pas que dans un an nous serons guéris. Nous apprendrons à survivre à sa mort et à revivre malgré ou avec son absence.
- Nous aurons des « hauts » et des « bas ». Ne croyez pas trop vite que notre deuil est fini ou au contraire que nous avons besoin de soins psychiatriques.
- Nous espérons que vous admettrez nos réactions physiques dans le deuil. Peut-être allons-nous prendre ou perdre du poids, dormir comme une marmotte ou devenir insomniaques. Le deuil rend vulnérable, sujet aux maladies et aux accidents.
- Sachez aussi que tout ce que nous faisons et que vous trouvez un peu fou est en fait normal pendant un deuil. La dépression, la colère, la culpabilité, la frustration, le désespoir et la remise en questions des croyances et des valeurs fondamentales sont les étapes du deuil d'un enfant. Essayez de nous accepter dans l'état où nous sommes momentanément, sans vous froisser.
- Nous aimerions que vous compreniez que le deuil transforme une personne. Nous ne sommes plus ceux que nous étions avant la mort de notre enfant et nous ne le serons plus jamais ! Nous devenons de nouvelles personnes avec de nouvelles valeurs, de nouveaux rêves, de nouvelles aspirations et de nouvelles croyances.
- Le jour de l'anniversaire de notre enfant et celui de son décès sont très difficile à vivre pour nous, de même que les autres fêtes et les vacances. Nous aimerions qu'en ces occasions vous puisiez nous dire que vous pensez aussi à notre enfant.
Il y a deux ans aujourd'hui, tu étais toujours toi sans être vraiment toi à cause de tous ces produits dont l'on te gavait pour apaiser ta douleur physique. Je m'en souviens comme si c'était hier mais je fais tout mon possible pour chasser ces images et ne garder que celles des bons moments qu'il m'a été donné de vivre avec toi. Pas facile...
Je sais ce que tu voudrais pour moi. C'est ce que dit cette chanson de Barbara. J'essaie, mon fils.
Ça ne prévient pas quand ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est promené de rive en rive
La gueule en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous ensommeille
Au creux des reins
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
On peut le mettre en bandoulière
Ou comme un bijou à la main
Comme une fleur en boutonnière
Ou juste à la pointe du sein
C'est pas forcément la misère
C'est pas Valmy, c'est pas Verdun
Mais c'est des larmes aux paupières
Au jour qui meurt, au jour qui vient
Le mal de vivre
Le mal de vivre
Qu'il faut bien vivre
Vaille que vivre
Qu'on soit de Rome ou d'Amérique
Qu'on soit de Londres ou de Pékin
Qu'on soit d'Egypte ou bien d'Afrique
Ou de la porte Saint-Martin
On fait tous la même prière
On fait tous le même chemin
Qu'il est long lorsqu'il faut le faire
Avec son mal au creux des reins
Ils ont beau vouloir nous comprendre
Ceux qui nous viennent les mains nues
Nous ne voulons plus les entendre
On ne peut pas, on n'en peut plus
Et tout seul dans le silence
D'une nuit qui n'en finit plus
Voilà que soudain on y pense
A ceux qui n'en sont pas revenus
Du mal de vivre
Leur mal de vivre
Qu'ils devaient vivre
Vaille que vivre
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça s'est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C'est presque rien
Mais c'est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
La joie de vivre
Oh, viens la vivre
Ta joie de vivre