Plus que 10 jours avant mes congés. Je compte, je compte... et ta tata Evelyne aussi, c'est sûr.
Tu vois, mon fils, je viens te parler ici même si tu ne réponds plus ou ne fais plus de commentaires sur ce que je te dis ou raconte ; et ça, ça me manque.
Je t'avais dit devoir aller voir le généraliste puisque j'allais tomber en panne des médicaments qu'il m'a prescrits pour me "calmer" ; et bien, il m'a fallu réduire leur prise de 2 à 1 comprimé par jour puisque maintenant, il faut une bonne dizaine de jours avant d'obtenir un rendez-vous. Ben oui, le temps que tu aies un rendez-vous pour un début de grippe, la grippe est guérie toute seule tant bien que mal. Pfff...
Pour mes maux de tête, c'est mieux ; ils sont moins fréquents. Pour le reste aussi sauf que je me sens très fatiguée, pas seulement physiquement mais aussi moralement. Est-ce le retour des beaux jours qui veut cela ? Il est vrai que faire des ménages par temps trop chaud, c'est pénible. Et ça n'est que le début de la saison ! Moralement, c'est sûrement de trop me poser de questions auxquelles je n'obtiens aucune réponse et ça restera ainsi, je pense, sans réponse, tant que je n'aurai pas franchi le pas que tu as franchi. La médium m'a bien dit "Fabien a tout compris".
Hier soir, sont venus manger à la maison Irène, Patrick, Annie, Roland, Eliane et Joël, un ami que ton papa de coeur a connu à l'armée. Une belle petite soirée...
On a parlé de tout et de rien, de peintures aussi. Et forcément, quand on parle peintures, je pense à ton tableau. Quand ta cousine Annie est partie pour le monde d'à côté, on a fait réaliser son portrait par une peintre de notre connaissance. Et puis, on est montés à Lyon pour l'offrir à ta tata et à ton tonton. Toi, tu étais encore bien vivant. Quand on a pris le chemin du retour, j'ai dit à ton papa de coeur "tu te rends compte à quel point ça doit être atroce pour des parents de n'avoir plus qu'un tableau de son enfant ?". Et un an et trois mois après, c'était à mon tour de vivre cela !
La vie peut être belle mais tout aussi pourrie ; la mienne n'est plus une vie mais une survie. Je ne suis pas un cas unique car j'ai fait connaissance par internet de bien d'autres mamans désenfantées (des mamanges). Elles aussi survivent même si elles ont un ou d'autres enfants. C'est sûr qu'on aime fort le ou les autres enfants mais comment ne pas se sentir amputée d'une partie de soi quand la chair de sa chair nous quitte pour l'autre monde ?
Cet après-midi, on est allés au cinéma voir, en 3 D
C'était... bien, à mon goût ; j'ai quand même fait une petite sieste dans les débuts.
Et demain, on va recommencer une semaine pleine de travail entrecoupée par des rendez-vous de droite et de gauche.
Et ce soir, je vais tenter encore une fois de joindre ton frère au téléphone ; ça me ferait plaisir de lui parler un peu.