Me revoilà aujourd'hui, mon fils, parce que dans les deux prochains jours, je ne suis pas certaine de trouver du temps pour venir te parler ici : demain et vendredi après-midi, je commence à travailler au domicile de mon patron en plus de celui que je fais à la clinique vétérinaire.
Pour ce qui est de la soeur de ton papa de coeur, j'avais tout faux hier. En fait, elle n'a pas fait de séance de radiothérapie : c'était la première fois à la clinique d'Avignon et donc, il ont repéré les endroits à irradier. Et puis, pour le scanner, pas de résultat aujourd'hui : il sert de base au nouveau protocole de chimio qui démarre mercredi prochain et sera comparé à celui qu'elle repassera plus tard pour voir si ce protocole produit l'effet escompté. Tu vois, mon fils, j'ai la tête trop pleine de gens en peine (j'ai envoyé une petite carte de Titi, sans Grosminet, à l'adorable petite Maylis : pas grand chose mais elle a un trop beau sourire).
C'est pour cela que j'ai accepté le boulot chez mon patron vétérinaire : je vais me défouler et me fatiguer physiquement en frottant, frottant... Peut-être alors dormirai-je mieux la nuit parce que, pour l'instant, ça n'est pas brillant malgré le 1/4 de Lexomil que je prends chaque soir.
Hier, j'ai eu ta mamie en ligne : elle se languit d'être opérée le 2 octobre ; elle est bloquée chez elle par son mal de hanche. Elle a reçu le petit souvenir que nous lui avons ramené de la montagne.
Tout à l'heure, nous sommes allés au cimetière où nous n'avons toujours pas enlevé le gâteau de fleurs que j'ai mis sur ton monument le 11 : bon, c'est sûr, il est un peu défraîchi mais pas fané. Et les fleurs blanches que j'avais mises dans le vase commencent à tourner sur le rose, ce qui est joli.
Samedi soir, on avait prévu un "repas chasse" à la maison avec Viviane, Jacques, Bernadette, Elie, Marie-Hélène et Georges ; on aurait mangé les canards, trophées de la première journée de chasse cette année. Et bien, c'est annulé : les vendangeurs (Bernadette, Marie-Hélène et Georges) déclarent forfait. Ah ah ah, je rigole parce que c'est sûr qu'ils ont besoin de repos : ils auront travaillé dans les vignes de lundi à samedi compris à raison de 8 heures par jour et en pleine chaleur puisqu'aujourd'hui, il ne fait pas moins de 31° au soleil. Partie remise...
Depuis que j'ai créé ce blog pour te parler, mon fils, ce qui m'aide à extérioriser toute la souffrance que j'ai face à ton absence physique et à te faire vivre à mes côtés même si je ne te vois plus (libre à chacun de croire en ce qu'il veut), je n'ai reçu que des commentaires d'encouragement ou des bons avis quant à l'appui que je trouve au travers de gens au grand coeur ou vivant la même situation et ayant eux aussi ouvert un blog pour leur enfant malade ou décédé (même Rigeade, notre médecin généraliste qui te connaissait bien et qui me connait depuis presque 25 ans, a trouvé ça super). Pourquoi je te raconte cela ? parce que j'ai reçu un message privé la semaine dernière d'une personne que je ne nommerai pas et qui trouve mon blog très triste ; il me conseillerait d'aller voir un psychothérapeute. T'en penses quoi, Fab, toi qui me connais par coeur ? Moi, ça me fait rire car il est encore jeune, qu'il aura sûrement dans sa vie des portes à franchir pas faciles lui aussi et qu'il pensera peut-être à moi si quelqu'un s'avise de juger sa façon de faire. Mais bon, on n'a pas le droit de juger ce que font les autres et chacun fait comme il le ressent pour vivre ou survivre. Parenthèse fermée...
Bon, je vais voir ce que ton papa de coeur va faire pendant que je vais travailler : chassera, chassera pas ? that is the question.
Je t'aime, mon fils, et j'aime ton frère que je vais essayer d'avoir au téléphone avant la fin de la semaine.