Oui, mon fils, je passe rapidement te dire que nous sommes de mariage aujourd'hui : la fille d'une amie et collègue de travail.
Bernadette, Elie, Marie-Hélène, Georges sont invités à l'apéritif et ton papa de coeur et moi à l'apéritif et au repas qui suivra. Bouh, à part les mariés et les parents de la mariée, on ne connait personne. Mais on sera noyés dans la masse de plus de 100 personnes à table.
Je vais forcément beaucoup penser à toi puisque la soirée se passe dans cette même salle où nous avons fêté les 60 ans de ton papa de coeur et où nous aurions dû fêter tes 25 ans si cette saloperie de maladie ne t'avait pas arraché à nous.
Il va encore faire très chaud aujourd'hui ; hier après-midi, le thermomètre extérieur de la voiture est monté à 36°. Heureusement, je me suis trouvé une petite robe noire pailletée de motifs argentés ample et légère. Ton papa de coeur, lui, s'habille tout en blanc.
J'emmène l'appareil photo et je viendrai te montrer une photo des mariés qui profite de l'occasion pour baptiser leur deuxième fille.
Je vais finir de mettre du vernis sur les ongles et essayer de mettre un peu de couleurs sur la figure. Pas l'habitude de faire ça : pas trop besoin pour faire le ménage à droite et à gauche.
Tu as dû accueillir la petite Lola, mon fils ; je vais maintenant te demander de protéger un petit garçon qui se prénomme Nolann, qui a 6 ans, qui a reçu la moelle osseuse de sa soeur il y a peu de temps à cause d'une leucémie et qui se bat maintenant contre un des inconvénients possibles de cette greffe : une GVH du foie. Il souffre physiquement et d'être enfermé dans une chambre stérile.
Tu vois, c'est l'espoir de guérir qui les font tenir, lui et ses parents ; moi, ce qui me fait tenir, c'est l'espoir de retrouver le contact avec ton frère qui me manque beaucoup et l'espérance de te retrouver un jour.