Nostalgie, nostalgie...
Ce dimanche prend enfin fin et je vais aller me coucher car j'ai les yeux qui brûlent d'avoir versé trop de larmes ce matin (en cachette pendant que ton papa de coeur travaillait). En fait, ces dates anniversaire ou de fête sont sujettes à faire remonter des émotions vécues les années où tu étais présent physiquement, et je me suis laissée aller, ce qui n'est peut-être pas un mal dans le sens où ça me vide de pressions internes accumulées à force de faire comme si...
Aujourd'hui, j'avais à l'esprit la fête des mères 2008, la dernière pour laquelle tu m'as offert un panier de fleurs surmonté par un "bonne fête, maman". J'avais déjà lâché des larmes à ce moment là car, même si je voulais croire à ta guérison, je m'étais posée la question, seule dans ma tête : "ce panier de fleurs ne va-t-il pas être le dernier que tu m'offres ?". Et je revois ton expression en me l'offrant : savais-tu, toi, que ce serait le dernier ?
Pour me changer les idées, ton papa de coeur m'a sortie cet après-midi : nous sommes allés aux Jardins de Provence acheter des géraniums, un rouge pour sa maman et un blanc pour ton monument (ça fait un moment que Gilbert parlait d'en mettre un pour toi) ; le tien est à la place de la marguerite blanche qui se fatiguait.
Puis, il m'a emmenée chez la peintre qui a fait ton portrait ; on lui avait commandé un tableau qu'on offrira à ta mamie le jour de ses 80 ans ; ça a fait une balade en compagnie de Nostalgie qui a diffusé des musiques comme tu les aimes et du Jacques Brel. Est-ce ton signe ?
En tout cas, je n'ai pas saoulé ton papa de coeur avec mes bavardages ; pas envie de parler et il a respecté cela. C'est vrai que, dès que ça te concerne, il est d'une patience à toute épreuve avec moi.
Dis-moi, j'ai eu des nouvelles de ton amie Christelle qui a des ennuis avec le propriétaire de son appartement. Sous prétexte qu'il a vendu son bien en viager, il voudrait qu'elle quitte les lieux sans préavis. Peux-tu l'aider à résoudre ce problème, mon fils ? Elle est toujours en plein dans les examens et des soucis comme ça, ça ne l'aide pas.
Demain, je n'aurai sûrement pas le temps de venir t'écrire car on emmène Jeannine, la soeur de Gilbert, jusqu'à Amélie les Bains ; un aller retour de 600 kms sur la journée. Et quand on rentre le soir, il faut que j'aille faire le ménage à la clinique vétérinaire. Mon réveil sonne à 6 heures et donc, au lit...