Il y a un an aujourd'hui, tu étais transféré à l'hôpital La Timone à Marseille après une hospitalisation en urgence la veille sur Avignon suite à une récidive de ton embolie pulmonaire. Tu n'es jamais revenu dans ta maison. Les trois derniers mois de ta courte vie, tu les as passés couché sur un lit d'hôpital. Ta jambe et ta hanche droites étaient tellement enflées que tu ne pouvais pas te lever pour aller à la salle de bains ou aux toilettes : il t'a fallu accepter des choses qui ont dû te "chagriner" violemment vu ta pudeur et ta réserve. Tu souffrais pourtant déjà tant physiquement.
Oui, oui, Fab, je t'entends me dire de faire un virage en tête d'épingle dans le positif... C'est pas facile, tu sais. Tous ces souvenirs qui se bousculent dans ma tête : et oui, mauvais souvenirs mais souvenirs quand même.
Hier matin, on a accompagné Jeannine, la soeur de ton papa de coeur, à Amélie les Bains et on est rentrés le soir même. Journée fatigante, surtout pour Gilbert qui a conduit pendant 600 kms, mais bien agréable. Le midi, nous sommes allés manger "en bande" dans un petit restaurant familial et le repas était tellement copieux que, le soir, je me suis contentée de 4 ou 5 abricots, de yaouts... au chocolat bien sûr, mon fils, et j'ai goûté la glace à la mangue faite maison par Gilbert. Je sais, tu connais par coeur mes petits défauts et surtout celui pour le chocolat.
Gilbert s'était branché sur Radio Traffic à l'aller comme au retour : et bien, par deux fois (une à l'aller, l'autre au retour), nous avons eu le plaisir d'écouter "Ta main" de Grégoire. C'est un message que tu nous faisais passer ? C'est vrai qu'à l'hôpital, je dormais sur un lit de camp près de ton lit ; je coinçais mon bras dans les barreaux de ton lit et on dormait main dans la main. C'est pour ça que, quand j'entends Grégoire dire "j'aurais aimé tenir ta main un peu plus longtemps", ça me rappelle bien des choses et ça me remue les tripes.
Ce matin, mon réveil a sonné à 6 heures ; je lui ai donné une claque et me suis rendormie jusqu'à ce que celui de ton papa de coeur sonne : 6 heures 30, au secours... les sols de la clinique vétérinaire ne sont pas lavés et le "chef" arrive vers 7 heures et quart. Journée qui a commencé sur les chapeaux de roue. Et zut, il y a des choses plus graves que ça, n'est-ce pas, Fab ? De toutes façons, après l'orage qu'il y a eu cette nuit, les sols étaient dans un état pitoyable quand j'ai quitté le travail à 10 heures. Rassure-moi, il n'y a pas de ménage à faire dans ce monde où j'irai te rejoindre ?
Un lever de soleil sur les Pyrénées
Le petit restaurant où nous nous sommes régalés
Une rue du village
Dès que ton papa de coeur rentre, on mange un morceau ; lui part au sport et moi j'attends mon copain Jean-Luc qui m'amène la vaisselle qui servira pour la fête d'anniversaire de Monique et Monmon ; ces deux-là viendront la récupérer avant que je ne reparte au travail.
Allez, mon fils, je me pousse, je me pousse pour aller de l'avant... 