T'as vu, mon fils, comme elle me secoue, ma cop Patinette ? Je sais qu'elle a raison, que je ne devrais pas me faire autant de souci pour tout le monde et vivre un peu pour moi ; je sais aussi ce qu'elle dit de ses lectures puisque c'est moi qui lui ai prêté les livres, je sais que si je suis mal, je mets un frein à ton évolution dans l'autre monde mais tu sais, c'est plus facile à dire, à lire qu'à faire. Ce n'est pas de l'égoïsme mais ton rayon de soleil me manque, surtout en cette période de dates qui me rappellent tant de choses, bonnes et mauvaises malheureusement.
Je continue à recevoir des signes de ta part ; et ça, ça me fait du bien.
Et puis, je vadrouille peut-être un peu trop sur internet : Nadine qui part au combat cet après-midi pour sa 10è cure de chimio, avec appréhension puisque, jusque là, sa tumeur n'a pas regressé ; Nolann, Dimitri et Salomé qui ne vont pas bien... Je suis révoltée de voir tous ces petits, ces jeunes qui souffrent tant. Ils nous donnent une sacrée leçon de vie, comme toi tu nous l'as donnée. Et à côté de ça, je cotoie par obligation des personnes qui se plaignent pour un petit bobo. Mais bon sang ! Je supporte de moins en moins.
Bon, je me calme, mon fils.
Demain soir, le repas chez ma belle-soeur Monique se transforme en invitation au restaurant ; va falloir que je m'active à la clinique vétérinaire pour ne pas en sortir trop tard et avoir le temps de me doucher et de me changer.
Le repas de samedi soir à la maison a été annulé par nos invités qui vont partir pour une partie de pêche en mer ; ça sera pour une autre fois... Nous aurons moins à courir pour aller chercher le gâteau en fleurs que j'ai commandé et pour aller le porter au cimetière.
Et dimanche, pendant que ton papa de coeur fera l'ouverture de la chasse, j'irai au cinéma avec mon amie Marie-Hélène voir Piranhas 3 en 3D.
Tu vois, mon fils, je ne suis quand même pas au fond du trou ; je surnage et je fais des projets.