Allez, mon fils, je viens quand même te dire que nous avons passé une merveilleuse croisière ; nous avons bien ri, bien mangé, bien profité et nous avons vu des sites superbes tels Pompéi et Rhodes entre autres. Ton papa de coeur ne s'est pas embêté non plus ; regarde-le bien entouré :
Tu m'as bien aidée à être sereine pendant ce voyage ; quand j'ai quitté la maison, j'avais un pincement au coeur parce que je pensais "je vais encore vivre quelque chose que Fabien n'aura jamais connu".
On est huit et on part avec deux voitures ; on a préréservé des places dans le parking de l'aéroport de Nice ; deux places libres en vue : notre neveu Francis occupe la 203 et nous la 213 ; des 3... bizarre, non ?
On rejoint la navette qui nous mène à Savone et vers 14 heures, on monte sur le bateau ; on se rend dans nos chambres pour poser nos affaires et on se rejoint tous les huit à la cafétéria pour manger un morceau. Après cela, on se dirige vers le centre du bateau et on s'accoude à la balustrade pour admirer le décor. Et là, se déclenche en fond sonore une de tes chansons "don't worry, be happy" qui veut dire "ne sois pas triste, sois heureux".
Pendant une journée en pleine mer, ton papa de coeur et moi, on flane dans l'allée commerçante du bateau ; quelque chose le pousse à entrer dans une boutique et moi, je le suis : on entend en fond sonore ta chanson "angels".
Du coup, quand on a fait excursion à Taormina, en Grèce, je suis entrée dans une église pour allumer une bougie pour toi et une bougie pour ta cousine Annie devant la Sainte Vierge.
Et puis, jeudi soir, dès notre retour à la maison, j'ai appelé mon frère, ton tonton Didier ; et là, j'ai appris que s'il avait quitté l'hôpital plus rapidement que prévu lors de ses examens en vue d'une éventuelle greffe du poumon, c'est que les médecins ont tout arrêté en voyant sur le scanner une grosseur anormale dans son dos. Ton tonton a donc eu droit à une biopsie de la grosseur. Il fallait attendre mardi pour en avoir les résultats.
Grosse pression en attendant ce jour-là et, du coup, pour nous changer les idées, nous sommes allés dimanche après-midi au cinéma voir
Un superbe film très bien joué et une belle leçon de vie puisqu'on sait que le film est tiré d'une histoire vraie.
Mardi midi, ton tonton me devance et m'appelle ; et là, c'est la douche froide : il m'annonce un cancer du poumon inopérable et, en plus, autre chose aurait été détectée dans la région de la gorge (il a eu un cancer de la gorge il y a 6 ans environ) ; il passe donc un nouveau scanner mardi pour vérifier parce que le cancérologue n'avait rien vu de suspect de ce côté là lors de la dernière visite il y a 3 semaines.
Après cela, les médecins lui proposeront un traitement...
Ton papa de coeur et moi partirons donc de bonne heure dimanche pour aller passer la journée avec lui et sa petite femme dont les nerfs craquent. Que d'épreuves pour eux et pas des moindres ! Le cancer de la gorge de ton tonton il y a 6 ans, le décès de leur fille il y a un peu plus de 4 ans d'un cancer de l'oesophage et ça maintenant !
Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi tant de souffrances ?
Toi, tu le sais, mon fils.
Je ne veux pas perdre ce frère dont je me sens si proche depuis notre destin commun de voir un de nos enfants quitter cette terre.
Et le premier ou la première qui vient se plaindre à moi d'un "bobo", je le ou la "claque".