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J'ai créé ce blog pour parler à et vous parler de mon fils Fabien décédé le 3 septembre 2008 après un deuxième cancer. Il aurait eu 25 ans le 11 septembre.

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31 mars 2010 : un mois de plus ou de moins ?

Un mois de plus dans ma vie et un mois de moins à attendre pour te rejoindre.

31 mars : aujourd'hui, c'est l'anniversaire de ton cousin Jean-Luc et celui de Georges, mon beau-frère : veux-tu lui souhaiter un bon anniversaire de notre part, toi qui es maintenant dans le même monde que lui ?

Avant hier après-midi, alors que je lisais un article sur internet, l'ordinateur a "cligné des yeux" par deux fois : merci, fils, de me dire que tu es là.

Hier matin, j'ai pété un boulon au boulot ; la veille, j'ai terminé à presque 20h45 parce que le bordel complet : après avoir bossé le week-end pour cause de garde, trop, c'est trop ! J'ai dit à mon patron en avoir marre et plus que marre d'être une mule (il appelle comme ça les gens qui font et refont sans cesse le ménage : charmant, non ?) et que pour la peine, je prends mes congés à partir de samedi qui vient ; et je serai absente 2 semaines pleines, tant à la clinique vétérinaire qu'à son domicile. D'habitude, je ne pars pas plus d'une semaine et la clinique n'a pas le temps de devenir trop sale ; là, il s'inquiète parce qu'il va avoir affaire à ma remplaçante à qui, si l'on dit "et les coins, tu les nettoies ?", elle répond "les coins ? c'est quoi ça ?". Quand je suis allée travailler hier soir, lui et son associée ont été charmants avec moi : va savoir pourquoi... Je suis donc en congés du samedi 3 à 14h au lundi 19 avril à 18h. Yeeeeeeeees.

Du coup, ça s'est mieux passé l'après-midi chez la psy à qui j'ai expliqué m'être soulagée (ça faisait un moment que ça couvait) ; mieux passé tant que je n'ai pas parlé de toi, Fab, parce que dès que j'ai entamé un dialogue à ton sujet, il m'a fallu sortir les kleenex. Elle m'a demandé si je me pose des questions à ton sujet. "Quelles questions ?" "Pourquoi lui, par exemple ?" Oui et non, je me la pose, celle-là. Non, parce que personne n'a de réponse à me donner donc stérile. Oui, parce que pourquoi toi tranquille, posé, courageux, adorable, plutôt qu'un de ces voyous qui vole, qui tue, qui viole, qui insulte, qui vit aux crochets de la société... Je pense que je comprendrai tout ça quand je te rejoindrai, du moins c'est ce que disent les livres.

Et puis, en rentrant, Georges nous attendait à la porte : ton papa de coeur et lui sont allés chez le pizzaïolo de Sorgues qui leur fait cadeau d'un chien de chasse de quelques mois. Sympa. Parce que je ne t'ai pas dit, mon fils, que les deux chiens de chasse qu'ils avaient l'année dernière se sont échappés de chez Georges et qu'ils n'en ont retrouvé qu'un à la SPA de l'Isle sur la Sorgue. La femelle a très certainement été enlevée. Ils sont bien partis, tous les deux, pour avoir une meute à la prochaine saison de chasse, non ? ;)

En m'emmenant travailler, ton papa de coeur a fait un détour par le cimetière. La primevère dont je t'ai parlé l'autre jour a été déposée par Nathalie, la fille de Bernadette. Monique, par contre, a porté, elle, une belle branche de mimosa pour le vase.

De suite, ton papa de coeur est parti chez Renault récupérer la voiture sur laquelle il a fait poser quatre pneus neufs et par la même occasion, il a fait contrôler le parallélisme. Et oui, mon fils, y'a de la route à faire bientôt (Carcassonne, Paris,...). Tu te tiens prêt, dis ?

Et puis, je te fais lire un texte que m'a envoyé une amie de Cancer Deuil Soutien à qui j'avais dit avoir peur que l'on ne t'oublie, peur existant, je pense, chez tous les parents désenfantés :

La perte d'un enfant =  c'est quelque part le vécu des rescapés des camps de la mort.

La mort d’un enfant est en effet l’expérience la plus terrible que peuvent vivre des parents. Une épreuve qui atteint la chair de leur chair, contre l’ordre chronologique du temps et des générations (« c’était à moi de partir », disent les grands-parents), et sur laquelle on a du mal à mettre des mots. Et ils ont le sentiment qu’ils ne pourront jamais la partager avec d’autres, y compris, souvent, avec ceux qui leur sont proches. Et «les autres », de leur côté, n’osent pas leur en parler.

Ce dont souffrent les parents, en plus de l’absence, c’est de ce silence, car ils ont très peur que leur enfant soit oublié. « L’entourage, insiste Nadine Beauthéac, ne mesure pas ce que vivent au quotidien ces parents, dans quel état d’épuisement physique et psychologique ils sont. Les parents en deuil soulèvent l’Himalaya tous les matins." Au bout d’un an ou deux, la plupart, commencent à peine à sortir du choc.  « Faire le deuil d’un enfant, c’est long, très long, répète-t-elle. On est agité par des sentiments très complexes : on s’attend à n’éprouver que du chagrin, mais derrière le paravent du chagrin il y a la colère, et derrière encore la culpabilité. Ces émotions, il faut que les parents en deuil aient le temps de les repérer (on étouffe par exemple sa colère contre le défunt pendant des années), de les vivre, de les traverser… Il s’agit d’un travail lent et difficile. » Un travail qui peut se faire seul, mais aussi et de plus en plus avec l’aide des autres. « Ce qui peut permettre d’aller plus vite, souligne Nadine Beauthéac. Car il est terrible de se dire que des souffrances ont pu se taire si longtemps."

La vie peut se poursuivre autrement.

L’enfant mort reste présent. Il est inscrit à jamais dans l’histoire de ses parents, de sa famille. Il n’est bien sûr pas question de l’oublier. Mais plutôt, pour chacun, de le faire vivre intérieurement, après avoir reconnu la réalité de son absence et des émotions ressenties. Voici quelques conseils pour affronter ce passage :
– Accepter de pleurer, même longtemps après le décès, seul ou à plusieurs éprouver cette alternance incontrôlable de tristesse et de mieux-être.
– Vivre cette ambivalence : du passé, mais oser se projeter sans culpabilité vers la vie qui continue.
– Évoquer avec ceux qui l’ont connu – ou pas – son souvenir, ses qualités, les moments heureux ou difficiles vécus avec cet enfant.
– Admettre que le parcours du deuil soit une épreuve individuelle, inconnue, sans modèle, que personne d’autre ne peut prendre sur ses épaules.
– Tenter peut-être de donner un sens à ce qui n’en a pas en s’engageant par exemple dans une activité bénévole, associative.
– Reconnaître que cette expérience nous rend différents de ce que nous étions avant, et différents de ceux qui ne l’ont pas vécue.
– Admettre que, désormais, la vie ne sera plus comme avant, mais qu’elle peut se poursuivre autrement.
Tout cela participe de ce long travail de deuil, de cicatrisation.

Des mots, toujours des mots .. et une foule de sentiments qui prend sans cesse à la gorge ..

 

 

 

 

 

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K
Coucou ma cop'On se rapproche de samedi...et des vacances...c'est super!!Je suis certaine qu'à ton retour ton patron sera heureux de te retrouver et qu'il t'appréciera encore davantage et le travail que tu fais à la clinique aussi.J'ai lu l'article que tu as mis.., je retiens : parler de lui, accepter de pleurer, vivre autrement..etc..on n'oubliera pas ton Fabien, pas vrai Fab?? et tu sais qu'on est là, nous tes cops' pour t'écouter ou te lire.Pense à ta semaine familiale, à Fred avec qui tu vas partager de bons moments.Tu penseras à nous, dis???Bonne nuit ma cop', plein de grosses bises à vous deux...trois...kikie
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